[Critique] Les Mythics – Ogaki, Jenny

Caractéristiques

  • Titre complet : Les Mythics Tome 1 : Yuko
  • Auteur : Philippe Ogaki, Jenny, Magali Paillat, Valériane Duvivier
  • Editeur : Delcourt
  • Date de sortie en librairies : 14 mars 2018
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 56
  • Prix : 10,95€
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Une nouvelle série bien dans son époque

Après les deux beaux succès que furent Les Légendaires et La Rose écarlate, voilà que les différents auteurs se réunissent, sous le regard bienveillant de Delcourt (Les Chroniques de Groom LakeHillbilly) , afin de lancer une nouvelle série : Les Mythics. Le concept avait de quoi attirer notre attention, car il allie plusieurs sujets très en vogue. Tout d’abord, chaque volume s’intéresse à un personnage, lui-même associé à un pays. Visiblement, chacun des protagonistes est adolescent. Enfin, et c’est surtout ce critère qui donne à l’ensemble son véritable écho, les supers-pouvoirs trônent au centre des attentions. On ne peut que voir là l’influence de Marvel et compagnie, et restait à espérer que les auteurs aient tout de même pris assez de distances avec cette mode pour tirer leur épingle du jeu.

Il y a longtemps, alors que le Mal répandait sa toute puissance de destruction, six héros dotés de pouvoirs extraordinaires se dressèrent contre lui. Il fut vaincu et scellé dans un endroit secret du désert rouge de la planète Mars… Aujourd’hui, les six héritiers et dignes successeurs de ces héros antiques vont devoir faire face à la plus grande menace que le monde contemporain ait jamais connue. Les Mythics Tome 1 est sous-titré Yuko, car il s’intéresse à la jeune fille du même nom. À quatorze ans, sociable et enjouée, elle est l’enfant d’un employé du centre spatial japonais. Un jour, elle est frappée par la foudre, et se voit du coup dotée du pouvoir de contrôler la foudre. Une faculté héritée de Rajin, qui lui annonce qu’un grand combat contre le Mal se prépare. En effet, le démoniaque Fujin menace de faire disparaître l’Archipel sous les flots…

Sans aucun doute, Les Mythics Tome 1 est pensé pour faire mouche dans l’esprit de ses lecteurs. L’histoire est rapidement compréhensible : Philippe Ogaki (Meteors) joue sur des ficelles très visibles, et si les rompus aux comics vont tout de suite comprendre où va l’histoire, les moins expérimentés auront tout le loisir d’un récit construit pour eux. Ainsi, la cible de l’œuvre se devra d’être aussi âgée que ses personnages, afin de ne pas tout capter de suite. La problématique est plutôt intéressante, elle permet d’aborder ce qui fait le quotidien de Yuko, en nous présentant sa famille, ses amis, mais aussi son caractère bien trempé. Tout bascule quand son super-pouvoir se déclare, et celui-ci fait l’objet de bien des mises en avant. La jeune fille se déplace à la vitesse de la lumière, grâce à tout ce qui conduit l’électricité, utilise cette dernière pour envoyer des décharge ou rétablir le courant. Pas de doute, l’action est assez stylisée, bien mise en scène, et atteint son objectif dans le spectaculaire.

Une ou deux erreurs culturelles, noyées dans un bon récit

Les Mythics Tome 1 est un peu plus maladroit quand il s’agit de décrire son contexte. Yuko habite le Japon, on avait un peu peur du rendu très “brochette aux fromage”, c’est-à-dire une vision occidentale d’un pays qui, très clairement, ne peut être véritablement compris sous ce prisme. Malheureusement, c’est un peu le cas. On sursaute quand la jeune héroïne présente ce qu’elle pense être un tatouage, à l’une de ses amies. Au Japon, arborer cela est très mal perçu, ou au mieux on s’amusera de manière assez gênée, au sein même de la population mais aussi de certains établissements. Au point que les agences de voyage préviennent sur les lieux où ne surtout pas exhiber les parties du corps marquées. Pas pour des questions esthétiques, mais culturelles, tant le tatouage est associé au milieu des yakuzas. Alors, quand la jeune fille dévoile le sien, ce qui ne provoque qu’une réaction finalement très occidentale, on tique. Ce genre de passage, un peu malavisé même si motivé de bonnes intentions, ne se multiplie pas, mais on espère que, dans les prochains volumes, on y aura encore moins droit.

Les Mythics Tome 1 séduit pour son action, son histoire rapidement digérée, mais aussi ses dessins. Certes, on sent beaucoup l’utilisation de la palette graphique, un rendu très ordinateur, mais on apprécie le style qui s’en dégage. Jenny (Comme un garçon, Pink Diary) a une approche très jeune, conforme aux attentes actuelles. On aime aussi cette manière d’associer le trait précis et les expressions plus exagérées, cela apporte une belle énergie à l’ensemble. Les couleurs, assurées par Magali Paillat et Valériane Duvivier, figurent aussi au rayon des satisfaction. Le bleu domine, de la coiffure de Yuko à l’atmosphère notamment de la nuit, et cela créé de beaux contrastes. Voilà de quoi ouvrir une série sous de bons auspices, on attendra la suite pour confirmer ces impressions.

7/10

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