[Critique] Les fous du stade – Stéphane Cohen

Caractéristiques

  • Titre complet : Les fous du stade : quand les supporters se déchaînent
  • Auteur : Stéphane Cohen
  • Editeur : Solar
  • Date de sortie en librairies : 15 février 2018
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 224
  • Prix : 14,90€
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Les petites histoires qui font la grande

Comment reconnaît-on la popularité d’un sport ? Aux supporters qu’il réussit à se former, bien entendu. Ce sujet, celui des fans, est particulièrement intéressant, tant il raconte notre époque. Comme le décrit très bien Stéphane Cohen, l’auteur du livre Les fous du stade, on a vu leur situation évoluer. Certains avanceraient qu’elle s’est dégradée, tiraillée entre le statut de consommateur, et celui d’Homme docile. Il suffit d’observer la situation dans les stades de football, en Angleterre. Certains vous rétorqueront qu’il est bon d’avoir coupé net avec le phénomène Ultra, qui n’engendrerait que violence et chaos. D’autres continuent de chérir l’ambiance que ces fadas arrivent à créer. Voir, par exemple, le Vélodrome en fusion, lors d’un OM-Leipzig qui restera dans les mémoires. Pour nous, il existe un juste milieu, qui doit permettre un système sécuritaire, afin de préserver l’intégrité physique. Seulement, on ne peut que chérir, dans le même temps, les histoires qui en découlent, et ce même si certaines n’ont rien de longs fleuves tranquilles.

Et c’est ce paradoxe qui règne au sein de ce très savoureux Les fous du stade. La volonté est claire : non pas raconter l’Histoire du supporterisme, mais nous éclairer sur des récits aussi précis que précieux. Avant de rentrer dans le vif du sujet, il nous paraît important de toucher quelques mots à propos de la structure du bouquin. C’est sans doute, la seule retenue que l’on pourra formuler : elle aurait gagné à se révéler plus claire, plus compartimentée. D’ailleurs, cette vérité explose aux yeux du lecteur quand, à la cent cinquante-septième page, on découvre un chapitre, lui même découpé en sous-parties nous présentant des personnalités pour le moins originales. On aurait pu voir d’un bon œil que les terroristes et autres maniaques soient rassemblés de la sorte, histoire de ne pas côtoyer d’autres histoires plus légères.

Parfait pour une lecture de détente

Au-delà de cet aspect formel, Les fous du stade regorge d’histoires qu’on a plaisir à découvrir. Si certaines pourront triturer la mémoire des plus pointus d’entre vous, on ne peut qu’affirmer que la plupart ne sont pas du genre à être aborder tous les jours. Le chapitre intitulé Vague de violence, par exemple, nous a passionné. Sans trop en dévoiler, sachez que surf, alcool et bikini ne fait pas obligatoirement bon ménage, ce mélange détonnant amorçant, en 1986, une véritable émeute dans la ville californienne d’Huntington Beach. L’auteur, Stéphane Cohen, notamment journaliste automobile sur la chaîne C8, nous raconte ces histoires avec un certain panache, une véritable volonté de conter. Les faits sont évidemment étayés, notamment à l’occasion des récits les plus délicats (affaire John 3 : 16), et si le ton sait se faire spectaculaire, il ne prend jamais le pas sur les éléments vérifiables.

Autre bon point : Les fous du stade ne se contente pas de raconter de rester dans le sillage du football. Ainsi, on se rend compte que le concept de supporterisme, qu’on tend souvent à décrédibiliser ces derniers temps, n’est pas seulement lié au sport le plus observé au monde. Le ballon rond se taille la part du lion, certes, on aura notamment droit à quelques excès du côté de l’Étoile Rouge de Belgrade, mais le surf, le baseball, le rugby auront droit à leur moment de gloire. Stéphane Cohen nous livre là une œuvre au contenu parfois impressionnant, stupéfiant, qu’on aimera glisser dans notre sac à dos, direction un bon coin d’ombre sur une pelouse. Signalons, enfin, l’habituelle qualité d’édition, signée Solar.

7/10

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