[Critique] La Première Loi T1 – Joe Abercrombie

Caractéristiques

  • Titre complet : La Première Loi Tome 1 : Premier sang
  • Auteur : Joe Abercrombie
  • Editeur : Milady
  • Date de sortie en librairies : 17 novembre 2017
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 717
  • Prix : 9,20€
  • Acheter : Cliquez ici

Une figure centrale de la dark fantasy

Grand nom de la fantasy actuelle, Joe Abercrombie (Pays Rouge) figure parmi les auteurs les plus surveillés de sa génération. Grâce à son style, très dark et intense, l’écrivain a su se faire une place de choix dans les bibliothèques des passionnés du genre, pourtant très exigeants. Et c’est un doux euphémisme. Si La Mer Éclatée figure parmi ses meilleurs travaux, c’est bien La Première Loi qui remporte le plus de suffrages. Cela tombe bien, car Milady (Poison, charme, beauté) en a sorti une édition de poche, l’occasion de vérifier si cette belle aura est bien méritée.

L’Union n’est plus que l’ombre d’elle-même, menacée au nord par les clans barbares et au sud par de curieuses rumeurs en provenance du Gurkhul. Chacun s’efforce désormais de sauver ce qui peut l’être. Logen Neuf-Doigts, le barbare le plus redouté du Nord, a finalement vu la chance tourner : son dernier combat risque bien d’être celui de trop. Le capitaine Jezal dan Luthar, aussi égoïste que séduisant, préfère arnaquer ses amis aux cartes que risquer sa vie sur le champ de bataille. L’Inquisiteur estropié Glotka est capable du meilleur comme du pire pour arracher la corruption du coeur de l’Union… surtout du pire. Et l’irascible Bayaz est peut-être le Premier des Mages, peut-être un imposteur, mais très certainement la source des ennuis qui s’apprêtent à accabler cet improbable trio…

Une foule d’images fortes

La Première Loi Tome 1 : Premier sang peut intimider, au premier abord. Avec ses quelques 717 pages, on ne fait pas face à un volume qui joue l’économie, c’est certain. Pourtant, on peut déjà vous rassurer : on n’a pas vu les pages défiler, et ce malgré quelques petits regrets que nous évoquerons plus bas. Ce premier volume sert avant tout à installer des personnages, et c’est ici, précisément, que l’on commence à capter la signature de Joe Abercrombie. L’auteur a mangé du lion, et s’est mis en tête de construire des caractères bien trempés, des backgrounds sombres à souhait. L’écrivain joue de cette propension à créer une sorte de répulsion entourant ces âmes, que nous allons pourtant devoir suivre au plus près, sans espoir d’en tirer une quelconque sympathie. De la puante Ferro à l’inquisiteur Glotka, ils sont tous accompagnés d’une saveur épicée, mais tout de même assez nuancée pour ne pas tomber dans un excès contre-productif.

La Première Loi tome 1 est assez représentatif du style de Joe Abercrombie. L’auteur privilégie les images fortes, qui s’impriment longtemps dans l’imaginaire des lecteurs. Sans, pour autant, avoir recours à des descriptions interminables. Ce fait ne plaira peut-être pas aux amateurs d’une fantasy plus classique. Ceux-ci auront aussi quelques retenues quand à la violence très graphique du roman. Ce n’est pas notre cas : on la trouve à la fois marquante, et toujours très pertinente. L’univers ne laisse aucune place à un seul gramme de douceur, qu’on se le dise. Plus gênant, le récit connaît parfois quelques toussotement, au profit de dialogues pas toujours congrus. Rien de bien grave, mais les amateurs de fils rouges bien dressés auront parfois le hoquet. Heureusement, la tonalité très sombre nous fait oublier cette anicroche, et le final ouvre des perspectives très prometteuses…

7/10

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