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[Critique] Oblivion Song T1 – Kirkman, De Felici, Leoni

Caractéristiques

  • Auteur : Robert Kirkman, Lorenzo De Felici, Annalisa Leoni
  • Editeur : Delcourt
  • Collection : Contrebande
  • Date de sortie en librairies : 7 mars 2018
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 176
  • Prix : 16,50€
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La nouvelle série événement par l’auteur de Walking Dead

Parfois, il suffit d’un nom pour vendre une série. Et celui de Robert Kirkman est sans aucun doute de ceux-ci. Rappelons que cet auteur est aux commandes d’un des succès les plus phénoménal du vingt et unième siècle. Mais si, vous connaissez : des zombies et des survivants parfois bien plus dangereux que les bouffeurs de cerveaux… Walking Dead. Alors oui, l’identité du scénariste est évidemment du genre à créer une grande attirance, surtout qu’Oblivion Song est clairement présenté comme sa nouvelle série importante, et pas un simple projet récréatif. Alors, ce comics est-il promis au succès ? En tout cas, nous allons voir que ça commence très bien.

Oblivion Song Tome 1 prend place dix ans après que 300 000 habitants de Philadelphie aient soudainement disparus, happés vers une autre dimension. Ils tentent d’y survivre face à des monstres gigantesques. Le gouvernement a abandonné les recherches. Nathan Cole, lui, poursuit pourtant les missions de sauvetage, afin de rapatrier les survivants… Mais sont-ils vraiment tous prêts à revenir ? Et que cherche en réalité Nathan ?

Oblivion Song Tome 1 est une belle réussite, et ce pour deux éléments très précis : sa propension à installer un atmosphère hyper mystérieuse, et des personnages aux caractères attirants. Ce volume d’introduction parvient à ces deux résultats avec une facilité assez déconcertante, ce qui ne signifie pas que Robert Kirkman recycle les ficelles qui ont fait le succès de sa très dévorante série Walking Dead. Les premières pages nous plongent en plein Oblivion, dimension parallèle remplie de monstruosités repoussantes, mais qui titillent la curiosité. On avait peur d’une petite poussée de paresse dans ce domaine, mais rassurez-vous : ce n’est absolument pas le cas, et ce même si ces grosses bêbêtes ne sont pas au centre de l’intrigue. Chaque voyage vers cette contrée pour le moins inquiétante s’accompagne de découvertes visuelles, de créatures formellement originales. Dépaysement garantis.

De l’audace, mais aussi des ficelles solides et efficaces

Oblivion song Tome 1 est un comics équilibré. Aucun élément n’est trop mis en avant par rapport à l’autre : l’univers est aussi important que les personnages. On s’intéresse plus précisément à Nathan Cole, un homme déprimé depuis la grande catastrophe de Philadelphie. Le destin de son frère lui est insupportable, ce qui le pousse à prendre des risques. Sa caractérisation rappelle certaines ficelles typiques de Robert Kirkman : douleur, zones d’ombres, importance grandissante, et entourage qui provoque en lui certains changements. Alors certes, c’est un peu clair comme de l’eau de roche, et quelques tics paraissent trop mécaniques. Mais ils fonctionnent. On invoquera le dernier tiers de ce tome, qui redistribue certaines cartes, et ouvre des pistes très engageantes. Le thème principal se dessine en crescendo, avant de nous exploser au visage avec une belle puissance : l’oubli n’est-il pas, parfois, très séduisant ?

Si Oblivion Song Tome 1 nous séduit aussi fortement, c’est aussi grâce aux dessins de Lorenzo De Felici, et aux couleurs d’Annalisa Leoni. On connaît le premier à travers son travail sur Infinity 8, notamment en collaboration avec Davy Mourier. Ici, son style pourra surprendre. On n’est pas spécialement fan du rendu des expressions, parfois sous-utilisées, ce qui créé des personnages parfois un peu proches dans leur design. Malgré cette retenue, on apprécie le mouvement, la mise en scène très fluide, et le gros boulot effectué sur les aplats. Les couleurs, d’ailleurs, donnent cette personnalité étrange à Oblivion, indispensable pour que ce comics atteigne ce niveau de qualité. Ajoutons que l’édition, signée Delcourt, est parfaitement soignée, et se termine par une galerie d’illustrations de couvertures.

8/10

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