[Critique] La maison — Vanessa Savage

Caractéristiques

  • Traducteur : Ombeline Marchon
  • Auteur : Vanessa Savage
  • Editeur : Editions de la Martinière
  • Date de sortie en librairies : 7 février 2019
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 424
  • Prix : 22,90€
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Bienvenue dans la Maison du Crime

“La maison la plus terrifiante depuis Shining et Psychose. Voilà qui s’appelle du teasing ! Si La maison, premier roman de la graphiste et illustratrice Vanessa Savage publié aux Editions de la Martinière (Quelque part entre le bien et le mal, Une vie exemplaire…) n’a que peu de choses à voir avec les rebondissements de ces deux films, la jacquette du livre a raison sur un point : l’histoire se déroule dans une demeure qui file sacrément la frousse.

Sarah est une épouse et mère de famille ayant sombré dans la dépression suite à la mort de sa mère. Alors qu’elle essaie de reprendre une vie normale après une année difficile, son mari, Patrick, insiste pour racheter la maison de son enfance, qui a été le théâtre d’un terrible massacre 15 ans auparavant, alors que sa famille n’y habitait plus depuis longtemps. Bien que réticente, Sarah finit par céder après avoir fait une overdose médicamenteuse accidentelle.

Peu de temps après l’arrivée du couple et de leurs deux enfants adolescents, des choses étranges se passent : Sarah se sent épiée par un rôdeur, retrouve comme par magie des jouets ayant appartenu aux enfants disparus, tandis que sa fille se plaint d’étranges zones froides dans la maison. Elle va décider de mener l’enquête, pendant que Patrick, qui ne veut rien entendre, tente de rénover leur nouveau foyer…

Un thriller classique mais accrocheur

La maison possède tous les ingrédients du thriller jouant sur la frontière entre réel et fantastique, où les démons des personnages, tout comme les événements qui se sont déroulés dans les lieux de l’action, semblent les hanter. La Maison du Crime, comme l’ont surnommée les journaux après le massacre, est-elle réellement peuplée de fantômes, ou bien les souvenirs des événements, connus ou cachés, ne font-ils qu’imposer leur loi sur les protagonistes ?  Toute l’ambiguïté repose sur ce point même si, on le devine assez vite, le roman cherche surtout à parler de la force des souvenirs, et à montrer comment on investit émotionnellement une maison, en y amenant nos bagages, nos rêves d’une vie meilleure… Comme toutes les histoires de maisons hantées, les manifestations étranges ne sont, au fond, que le reflet d’une psyché tourmentée, et d’un passé qui ne veut pas se taire comme l’a prouvé une fois de plus la récente série Netflix, The Haunting of Hill House.

Dans le cas présent, il est presque dommage que l’auteure vende un peu trop tôt (involontairement) la mèche en rendant très vite l’un des personnages foncièrement antipathique, et l’héroïne un peu trop aveugle jusqu’à la moitié du livre, parfois au-delà de toute vraisemblance. Même s’il est impossible de tout deviner depuis le début, on sent bien ce qu’il va se passer dans les grandes lignes : l’un des personnages ment sur son passé, et ce qu’il cache ne peut être lié qu’aux terribles événements qui se sont déroulés entre ces murs…

Au-delà de cette réserve, La Maison est un bon page turner : le roman est habilement structuré et réserve suffisamment de surprises et rebondissements pour que l’on ait du mal à le lâcher avant d’arriver à la fin. Un thriller classique qui fait appel à tous les ressorts du genre, mais de manière suffisamment sincère et psychologiquement crédible (à quelques détails près) pour que l’on passe un bon moment.

6/10

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