[Critique] Le blues du chat — Sophie Chabanel

Caractéristiques

  • Auteur : Sophie Chabanel
  • Editeur : Editions du Seuil
  • Date de sortie en librairies : 7 mars 2019
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 304
  • Prix : 19€
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Un polar irrésistiblement drôle

Deuxième roman de Sophie Chabanel après Le principe de réalité (2015), Le blues du chat paru aux éditions du Seuil (Dernier tacle, Les enchaînés, Killeuse…) fait partie d’un sous-genre assez peu reconnu, mais rafraîchissant : le polar humoristique. Nous y suivons en effet les aventures d’une commissaire forte en gueule, Romano, sur les traces d’un assassin méticuleux qui a tué sa victime en utilisant son allergie aux crevettes contre elle.

Si l’intrigue policière est développée sérieusement, avec son lot de suspects, de fausses pistes et de rebondissements propres au polar, le ton est irrésistiblement drôle. Sophie Chabanel y croque les travers de ses protagonistes, mais aussi de notre époque, avec un sens de l’ironie et du sarcasme qui fait des merveilles. Cela tient bien entendu beaucoup à la personnalité brute de décoffrage de son héroïne, commissaire féministe et peu aimable en apparence, mais possédant une vraie intuition.

Un duo de personnages efficace, une intrigue prenante

Le duo qu’elle forme avec son adjoint Tellier, à fleur de peau et sincère jusqu’à en paraître parfois excessif, fonctionne à plein régime et rend ce Blues du chat particulièrement divertissant et attachant. Les petites phrases incisives font mouche, mais la réussite de ce second roman ne tient pas uniquement à son sens de la formule : il y a aussi une véritable imagination à l’oeuvre, qui vient chahuter le genre souvent sérieux et tendu du polar pour en proposer ici une vision fantaisiste assez rafraîchissante.

La plus grande réussite du Blues du chat réside dans le fait d’insuffler cette fantaisie sans pour autant désamorcer le suspense inhérent à la résolution de l’énigme principale : qui a tué l’ancien banquier François-Xavier Tourtier et pourquoi ? Sophie Chabanel parvient à nous tenir en haleine jusqu’à la fin, et cela ne fait que renforcer le plaisir pris à lire ce livre.

Le début d’une série de romans ?

En ce qui concerne le rôle de Ruru, le chat de Romano, celui-ci est relativement limité : il sert surtout à développer la personnalité de la commissaire et ses relations à ses semblables, qui, si elle n’est pas dénuée de tendresse, a la particularité d’être dominée par des échanges en apparence un peu bourrus. Ruru est en pleine déprime car sa maîtresse ne lui apporte pas assez d’affection, et le personnage du félin reste donc assez passif d’un bout à l’autre, contrairement à celui de l’intrépide chat-détective malgré lui du roman Le chat qui a tout vu, par exemple.

Si les amoureux des chats pourront être un poil déçus de ce côté-là, disons-le clairement : la personnalité de Romano et son duo avec Tellier seraient suffisamment plaisantes pour faire l’objet d’une série. On ignore si c’est ce que Sophie Chabanel a en tête ou si Le blues du chat est destiné à rester un stand alone, quoi qu’il en soit, il s’agit là d’un des polars humoristiques les plus plaisants qu’il nous ait été donné de lire depuis longtemps.

7/10

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