[Critique] Ravissantes – Nicolas Jaillet

Caractéristiques

  • Auteur : Nicolas Jaillet
  • Editeur : Milady
  • Collection : Milady Romans
  • Date de sortie en librairies : 14 mars 2018
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 282
  • Prix : 18,20€
  • Acheter : Cliquez ici

Avec une couverture rappelant les miniatures victoriennes, Ravissantes aux éditions Milady (Comme toi, La première fois qu’on m’a embrassée je suis morte), est loin de laisser indifférent esthétiquement parlant. Qu’en est-il du contenu du roman ?

Quand les opposés s’attirent

Ilona a 22 ans, elle est belle, grande, élancée et tente de devenir mannequin. Jeune femme naïve et mal dans sa peau, elle ne fait aucun excès pouvant nuire à sa carrière. En fait, elle ne fait rien, tout simplement. Tout le contraire de Lucie, son agent et seule amie : petite, grosse, sûre d’elle et dotée d’un tempérament de feu, elle manage Ilona (sa seule cliente) dans l’espoir de lancer son agence. Sur son temps libre, elle séduit tous types d’hommes avec avidité et plaisir sans se soucier d’une quelconque histoire.

Lorsqu’Ilona accède à un casting avec LE créateur du moment, Lucie fait intervenir Pierre, son ami gigolo qui se trouve être le voisin d’Ilona. La rencontre forcée de ces individus que tout oppose, du look à la mentalité, ne peut être qu’explosive et va pousser chacun à redéfinir ses priorités…

Une romance attendue mais plaisante

Après plusieurs fables autour du banditisme (Le retour du pirate), un western (Sansalina) et une critique de sa génération (Nous les maîtres du monde), Nicolas Jaillet se livre à l’exercice du roman d’amour et d’humour. Prenant en toile de fond le milieu de la mode et les perceptions physiques, il choisit un sujet de société tout en y ajoutant de la légèreté et du plaisir.

Le monde de la mode a été décrypté, analysé, décrit à de multiples reprises, mais l’approche est plutôt inédite : une histoire d’amour qui parle plus d’acceptation que de la Fashion Week.

Plusieurs personnages pour un même message

On peut se demander ce qu’Ilona, Pierre et Lucie ont en commun. La réponse, qui ne paraît pas évidente l’est pourtant : ils ne s’acceptent pas comme ils sont.

Si Ravissantes, au-delà de sa qualité de divertissement, est un bon roman, c’est par rapport au message positif qu’il porte. Un livre feel good nous fait apprécier sa lecture sur le moment et ses effets sont ressentis à court terme ; Ravissantes nous interroge sur notre perception personnelle.

Quand un mannequin se voit misérable et une femme grosse désirable, qui a tort ? Au-delà des personnalités timide, extravertie, insouciante… chacun aspire à vivre sa vie débarrassé des préjugés sur l’apparence ou sur le métier que l’on exerce.

Trop convenu mais terriblement entraînant

Malgré beaucoup de points positifs (un message, un style fluide, une originalité dans le genre), Ravissantes entre avec succès dans la catégorie eau de rose. Les personnages sont plutôt stéréotypés, les dialogues simplistes, la fin ultra-prévisible. Le nœud de l’intrigue ne détonerait pas dans un téléfilm de M6 du début d’après-midi. Et pourtant, on se laisse happer par le rythme des aventures d’Ilona, Pierre et Lucie dans ce monde où il vaut mieux paraître qu’être.

Nicolas Jaillet nous propose un roman divertissant et profond si l’on veut s’y plonger. Simple, rapide et efficace, Ravissantes est une bonne distraction, loin d’être creuse, qui permet pourtant de se vider la tête.

7/10

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