[Critique] Agent 47 : Birth of the Hitman – Sebela, Lau, Medel

Caractéristiques

  • Auteur : Christopher Sebela, Jonathan Lau, Ariel Medel
  • Editeur : Mana Books
  • Date de sortie en librairies : 21 février 2019
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 160
  • Prix : 15€
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L’assassin parfait a ses racines

Nombreuses sont les licences fortes du jeu vidéo, mais certaines se démarquent des autres, pour des raisons diverses et variées. Hitman, par exemple, est un titre qui évoque beaucoup, chez la plupart des gamers : une certaine idée de l’infiltration, des missions exécutées avec style et discrétion, de l’inventivité aussi. Pourtant, il ne s’agit pas d’une série très vendeuse, au grand désarroi des différents éditeurs, qui se sont refilés le bébé d’année en année. Désormais, les aventures pleines de suspens de l’Agent 47 appartiennent à Warner Bros Interactive, mais côté comics c’est grâce à l’excellente maison Mana Books (Danganronpa : The AnimationThe Division : Broken Dawn) que l’on peut découvrir la naissance du personnage, quelques mois après avoir bouclé l’excellent jeu Hitman 2.

En effet, Agent 47 : Birth of the Hitman revient aux fondements même de la licence. Et, surtout, ce comics s’intéresse aux deux personnages emblématiques de la série, ceux qui vont en porter le scénario. L’agent 47 est l’un des tueurs à gages les plus efficaces de la planète : discret, méthodique et sans pitié. Mais avant de travailler pour la mystérieuse I.C.A., lui et son agent de liaison Diana Burnwood ont suivi des chemins bien différent, une construction qui ne s’est pas passée sans heurts. Pour une Diana encore adolescente, tout bascule lorsque sa famille disparaît dans une explosion de voiture. Seule survivante, elle trouve refuge auprès d’une criminelle afin d’apprendre ce dont elle a besoin pour échafauder sa vengeance. De son côté, le jeune 47 cherche à fuir le mystérieux Institut qui les ont créés, lui et les autres « sujets », dans le but de produire de parfaits assassins.

Une narration alternée

L’idée fondatrice d’Agent 47 : Birth of the Hitman est à la fois étonnante et encourageante. Si les différents jeux s’attardent surtout sur la fuite en avant du plus chauve des assassins, on se demandait ce qui s’était bien passé pour que lui et Diana trouvent une telle motivation. La réponse ne pouvait qu’être terrible, et de ce point de vue le récit signé Christopher Sebela (Evolution, Crowded) est satisfaisant. L’auteur prend soin de ne pas se perdre dans les données parfois paradoxales du jeu, et tranche dans le vif. On a tout de même une préférence pour la construction, très tragique, de Diana Burnwood, qui va devoir se forger un caractère très incisif afin de survivre. Son évolution s’avère tout aussi intéressante, et parvient à bien justifier ce que l’on verra d’elle par la suite.

Si l’on divise l’histoire d’Agent 47 : Birth of the Hitman en deux personnages, avec une petite préférence pour l’un d’eux, c’est parce que le comics fait le choix d’une narration alternée. On passe de l’Agent 47 à Diana Burnwood, comme pour tracer un parallèle qui, dans le principe, a tout pour plaire. Malheureusement, le résultat s’embrouille parfois les pinceaux, avec des transitions difficiles à suivre et, surtout, une partie centrée sur l’assassin bien moins rythmée. Il aurait fallu que les deux points de vue accordent leurs violons sur ce terrain, car cela imprime quelques baisses de rythme évidentes. Cela nuit-il à l’expérience globale ? Partiellement, mais pas définitivement. Clairement, les fans de la licence vont largement y trouver leur compte, notamment dans une seconde partie qui arrange un joli crescendo dramatique. Ajoutons à cela des dessins de qualité, signés Jonathan Lau (Green Hornet) et Ariel Medel, qui soignent tout autant la lisibilité. L’ouvrage se termine par quelques couvertures bonus, et l’on quitte ces prémices de la licence avec, tout de même, le sentiment du devoir accompli.

6/10

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