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[Critique] James Cameron : Histoire de la science-fiction — Collectif

Caractéristiques

  • Traducteur : Céline Graf
  • Auteur : James Cameron, Randall Frakes, Brooks Peck, Sidney Perkowitz, Matt Singer, Gary K. Wolfe & Lisa Yaszek
  • Editeur : Mana Books
  • Date de sortie en librairies : 17 octobre 2019
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 223
  • Prix : 29,90€
  • Acheter : Cliquez ici

Le réalisateur de Terminator interviewe les grands noms de la SF

Tiré de la mini-série documentaires en 6 épisodes diffusée en 2018 sur la chaîne américaine AMC, James Cameron : Histoire de la science-fiction est un beau livre publié chez Mana Books (Stranger Things : Dans l’envers du décor) reprenant l’intégralité des interviews réalisées par le cinéaste de certains des plus grands noms du cinéma associés au genre : Steven Spielberg, George Lucas, Christopher Nolan, Guillermo Del Toro, Ridley Scott et Arnold Schwarzenegger.

Des entretiens au long cours à travers lesquels le réalisateur de Terminator évoque les thématiques récurrentes de la science-fiction et l’histoire du genre en compagnie de ces légendes, tout en revenant en profondeur sur leur propre travail. Mais ce n’est pas tout puisque chaque interview est intercalée avec un chapitre rédigé à chaque fois par un auteur différent, et explorant le genre à travers l’une de ses grandes thématiques.

Evidemment, à chaque fois, la thématique est liée à l’oeuvre de la personnalité interviewée ensuite et à l’angle choisi pour l’entretien. Ainsi, Steven Spielberg est associé à “Vies extraterrestres”, George Lucas à “Dans l’espace lointain”, Christopher Nolan à “Voyages dans le temps”, Guillermo Del Toro aux “Monstres”, Ridley Scott à “Dystopies”, et enfin Schwarznegger à “Machines intelligentes”.

Une exploration passionnante du genre et ses thématiques-phares

Le résultat donne lieu à des échanges et réflexions passionnantes sur la science-fiction et sa capacité à nous faire réfléchir sur notre société — et à donner corps aux angoisses que nous nourrissons à son égard — mais aussi aux défis auxquels le genre est confronté maintenant que la technologie a rattrapé les prédictions des auteurs des années 50 à 70.

Il sera ainsi beaucoup question d’intelligence artificielle, et plus particulièrement des craintes qu’elle peut susciter alors que les spécialistes souhaitent recréer de manière artificielle une intelligence supérieure à la nôtre, capable de jugement et d’émotions, mais qui nous serait complètement assujettie. “On appelle ça l’esclavage”, déclare à un moment donné Cameron, qui se demande alors combien de temps un tel système pourrait fonctionner avant que les machines ne se rebellent..

Les monstres seront l’occasion d’évoquer, en compagnie du Guillermo Del Toro, notre rapport à l’altérité (un thème exploré avec force dans La forme de l’eau), un sujet qui réapparaît également dans l’entretien avec Spielberg au sujet de l’existence d’une vie extraterrestre. La saga Star Wars donne quant à elle lieu à une grille de lecture politique intéressante, dans laquelle les gentils rebelles seraient aujourd’hui considérés comme des terroristes.

Une plongée dans la création de films cultes

James Cameron : Histoire de la science-fiction est également une plongée passionnante dans l’oeuvre de grands noms du cinéma, à commencer par le réalisateur d’Avatar lui-même, qui est interviewé en préambule par Randall Frakes. Le cinéaste y parle de sa passion dévorante pour les livres de SF à l’adolescence (il en lisait un par jour dans le bus), de l’écriture de Terminator, de la manière dont sa pratique de la plongée sous-marine l’a inspiré pour Avatar….

Dans les six entretiens qu’il dirige, la conversation de cinéaste à cinéaste (ou de réalisateur à acteur dans le cas de Schwarzenegger) permet de plonger tout de suite au coeur du sujet. Les questions sont précises, les réponses également, et on apprend ainsi beaucoup de choses sur la conception de E.T., A.I., La guerre des mondes, Interstellar (pour lequel Nolan avait fait de nombreuses recherches), Star Wars, Blade Runner et évidemment Terminator et Terminator 2…  On sent une admiration réciproque, mais surtout un véritable appétit pour les sujets que permet d’évoquer la science-fiction et les moyens, créatifs et technologiques, de leur donner le plus de force possible.

Ajoutons à cela que ce beau livre est très richement illustré (par des photos de films, mais aussi des croquis et concept arts), et l’on obtient l’un des ouvrages les plus enthousiasmants de cette fin d’année pour les cinéphiles.

9/10

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