[Critique] Sekiro Hanbei L’Immortel – Shin Yamamoto

Caractéristiques

  • Auteur : Shin Yamamoto
  • Editeur : Mana Books
  • Date de sortie en librairies : 12 mars 2020
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 203
  • Prix : 9,65€
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Sekiro : Hanbei L’Immortel, un préquel tranchant

image sekiro hanbei l'immortel
Sekiro : Hanbei L’Immortel met le paquet sur les dessins.

Sorti voilà un an sur PlayStation 4, Xbox One et PC, Sekiro : Shadows Die Twice fut l’un des grands moments vidéoludiques de 2019. Fruit d’une association pour le moins détonante entre Activision et FromSoftware, le jeu était surtout marqué par la personnalité du studio japonais, dirigé par le surdoué Hidetaka Miyazaki. On y découvrait un univers situé entre le Japon de l’ère Sengoku et le fantastique pur, une ambiance très sombre, ainsi qu’un gameplay difficile au possible. Contrairement aux Dark Souls et autres Bloodborne, le titre nous faisait vivre un scénario développé, avec ce qu’il faut de personnages secondaires. Parmi ceux-ci, Hanbei figurait parmi les plus intrigants, lui qui nous entrainait non seulement sans relâche, mais aussi sans peur d’y laisser la vie. C’est justement autour de lui que Sekiro : Hanbei L’Immortel, one-shot publié par la décidément très gamer-friendly maison d’édition Mana Books (Sonic The HedgehogL’Art de Street Fighter) s’articule.

Sekiro : Hanbei L’Immortel est un préquel, il se situe chronologiquement juste en amont de l’histoire développée par le jeu. L’action se déroule donc au Japon, en pleine ère Sengoku, entre la moitié du quinzième siècle et la fin du seizième. En ces temps troublés, le maître épéiste Isshin Ashina se dresse contre le destin et se lance dans une course à la domination du pays. Bâtissant sa province par la force, il ne recule devant rien, et ceux qui s’opposent à lui risquent de perdre bien plus que la vie. Mais les dieux capricieux mettent alors sur sa route un curieux samouraï du nom de Hanbei, incapable de mourir.

L’auteur de Sekiro : Hanbei L’Immortel, Shin Yamamoto, nous assure en préambule qu’il a cherché à rendre ce manga accessible à un public qui n’a pas encore découvert Sekiro : Shadows Die Twice. Peut-on lui faire confiance ? Oui, il y a eu clairement un travail effectué en ce sens, et cela ne surprend pas de la part de celui qui réussit l’exploit de porter Monster Hunter vers le papier (Monster Hunter Flash, que nous recommandons fortement). On avait un peu moins apprécié son Twelve Demon Kings, série en six volume un peu bâclée mais toujours très marquante sur certains aspect, comme cet univers à la frontière du lovecraftien dans les dessins. L’adaptation était donc entre de bonnes mains, et cela a évidemment un impact sur le résultat.

Gros travail esthétique, et belle qualité d’édition

Sekiro : Hanbei L’Immortel met le paquet sur les dessins. C’est ce qui frappe de suite : le style de Shin Yamamoto, qui navigue entre un réalisme ultra efficace (ces armures bon sang !) et l’excessif délicieux se trouve là un terrain de jeu idéal. Dès les premières pages, en couleurs pour les deux d’ouverture, on comprend que les coups d’épée vont faire mal, et que l’intrigue va surtout servir de moyen pour nous donner du grand spectacle. C’est bien dans cet ordre que le manga s’inscrit : on sent que l’auteur cherche à utiliser l’étrange aura de son personnage principal pour mieux nous livrer des cases bourrées d’action et d’une violence qui marque. La narration se fait moins importante, mais n’est pas sous-traitée pour autant. Tout se construit à base de flashbacks, le récit s’éclate dans différentes temporalités mais n’en reste pas moins très lisible, tout comme les dessins en eux-mêmes. Shin Yamamoto n’est décidément pas un mangaka à prendre à la légère.

Sekiro : Hanbei L’Immortel se charge aussi de faire le lien avec Sekiro : Shadows Die Twice. Ici, l’auteur est un peu plus tiraillé, et cela peut se comprendre aisément : il doit faire avec les limites d’un one shot. Ainsi, la fin se fait un peu précipitée, pas bordélique mais on sent que certains impératifs prennent de cours une narration jusqu’ici très efficace. Rien d’éliminatoire cependant, et l’on ne peut que conseiller la lecture de ce volume, que vous ayez joué au soft de FromSoftware ou pas. Surtout que Mana Books fait les choses en grand, avec une qualité d’édition encore une fois exemplaire : qualité du papier, format luxueux (15 x 21, certaines planches s’en trouvent bonifiées), tout en fait un objet qui trouvera naturellement sa place dans votre bibliothèque.

7/10

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