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[Critique] Calvin et Hobbes, tome 8 — Bill Watterson

Caractéristiques

  • Auteur : Bill Watterson
  • Editeur : Hors Collection
  • Date de sortie en librairies : 19 janvier 2017
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 176
  • Prix : 14,90€
  • Acheter : Cliquez ici

Un comic strip d’une invention folle

image strip tome 8 calvin et hobbes hors collection
© Hors Collection

Hors Collection (Comics, Mangasia…) continue sa réédition de l’oeuvre de Bill Watterson dans le format à l’italienne souhaité par l’auteur. Calvin et Hobbes sont donc de retour avec ce tome 8, sorti au même moment que le 7. Avec cette fois-ci une particularité : toutes les histoires développées sur une page (et publiées de manière hebdomadaire au moment de leur parution dans la presse) sont désormais en couleur, ce qui apporte un dynamisme et une fantaisie supplémentaire, notamment lorsque Calvin s’imagine en train d’affronter des extraterrestres ou des dinosaures — présents ici de manière récurrente, d’où la superbe illustration de couverture.

Commenter un comic strip est toujours délicat dans la mesure où il s’agit principalement de petites histoires développées en bandes individuelles de 3 à 5 cases, mais, contrairement à des oeuvres plus “traditionnelles” comme Nemi ou les strips de Sarah Andersen, lire Calvin et Hobbes en album possède un intérêt d’autant plus fort que l’on peut voir certaines histoires développées sur toute une semaine par Bill Watterson. Ainsi, si chaque tome peut se lire de manière indépendante des autres, dans l’ordre souhaité, il est utile de préciser que certains strips font appel à une certaine continuité. A l’époque de sa parution (de 1985 à 1995), Calvin et Hobbes paraissait tous les jours dans la presse quotidienne de nombreux pays, à raison d’une bande du lundi au samedi et une histoire d’une page le dimanche. Or, s’il n’achetait pas son journal tous les jours, le lecteur ne pouvait pas forcément percevoir à 100% la finesse des gags et des histoires de la série, même si chaque strip est parfaitement compréhensible pris à part. Certaines situations sont donc développées sur plusieurs strips d’affilée : la réunion du club D.E.F.I. (Dehors Enormes Filles Informes), les mésaventures de Calvin avec ses devoirs, ses disputes avec ses parents, son obsession soudaine pour l’horoscope du journal… La lecture en volume permet ainsi de lire ces strips côte à côte, et d’apprécier d’autant plus le travail de l’artiste.

Voyage dans le temps et astrologie

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Strip en V.O. où Calvin se plaint des promesses non-tenues de son horoscope. © Bill Watterson

Par ailleurs, si l’on retrouve Calvin dans des situations similaires aux précédents tomes (ses bêtises avec Hobbes, ses devoirs, ses pitreries en classe, ses rêves éveillés, la confection de bonhommes de neige…), on est toujours aussi admiratif de la manière dont Bill Watterson parvient à se renouveler sans cesse et à livrer, avec le même brio, des réflexions philosophiques à la fois drôles et incisives et des gags à la fantaisie inimitable. Dans ce volume, c’est l’histoire centrale du voyage dans le temps (illustrée en partie par la couverture) qui se démarque. Frustré de devoir rendre une rédaction pour le lendemain, Calvin décide de voyager dans le temps 2 heures plus tard, à l’heure de se coucher, afin de demander sa rédaction à son double du futur, qui l’aura écrite entre-temps. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu… L’histoire, développée sur 16 strips, est irrésistiblement drôle et ingénieuse, et pousse la situation dans des retranchements imprévus, tout en développant de manière très fantaisiste la paresse de Calvin et l’intelligence d’Hobbes. Parmi les nombreux trésors d’invention de la série, ce récit est une véritable pépite.

L’intérêt assez curieux du petit garçon pour l’astrologie est également prétexte à des gags hilarants (parmi les meilleurs du volume, là encore), puisque notre héros croit mordicus que les planètes se sont alliées pour exaucer sa volonté de manière littérale, ou encore pour le rendre irrésistible (à son grand désespoir) auprès de la gent féminine. Au final, on obtient un album qui apparaît encore une fois comme une merveille d’invention. Une BD à mettre entre toutes les mains !

8/10

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