[Critique] Splatoon Tome 1 – Sankichi Hinodeya

Caractéristiques

  • Traducteur : Florent Gorges
  • Auteur : Sankichi Hinodeya
  • Editeur : Soleil Manga
  • Date de sortie en librairies : 4 octobre 2017
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 160
  • Prix : 7,99€
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Parfait pour souffler entre deux parties

Sorti en mai 2015, le jeu vidéo Splatoon est typiquement le genre de succès populaire que personne n’a vu venir, du moins en Occident. Soft multijoueur et addictif au possible, ce hit en puissance s’est trouvé une fanbase solide, devenant en prime l’un des seuls passages obligés de la pas très gâtée Wii U, alors que sa suite, Splatoon 2, cartonne sur Nintendo Switch. Comme souvent au Japon, quand le public se retrouve dans une œuvre on voit arriver des adaptations dans d’autres supports, c’est ainsi que Soleil Manga (The Legend Of Zelda : Art & Artifacts) publie le manga, dont la publication originale a débuté en 2016 (même si les premières planches datent de 2015), dans le magazine Shogakukan’s Bessatsu CoroCoro Comic Special. Parution justifiée par la qualité, ou simple opportunisme ?

À Chromapolis vivent pleins d’adolescents, mi-homme, mi… calamars. La ville est le théâtre de titanesques affrontements entre deux équipes de quatre participants. Le but ? Gagner bien évidemment, quelles que soient les règles. Pour cela, tous les coups (de pinceaux) sont permis ! À l’aide de peinture, il va falloir repeindre chaque arène et triompher de ses adversaires. L’équipe bleue s’est forgée une solide réputation… de loosers idiots. Mais ils comptent sur leur esprit d’équipe pour aller le plus loin possible dans la compétition !

Splatoon Tome 1 se présente donc à nous, sous la forme très justifiée d’un shônen typique. On se posait quelques questions, quant à la pertinence de cette adaptation. Tout d’abord, qu’allait-il en être de l’histoire, carrément absente du jeu vidéo ? La réponse, c’est le mangaka Sankichi Hinodeya, jusqu’ici connu au Japon pour son travail sur Mega Man (Shuugou Zen’in Gagtte!! Rockman!), qui la tient. Car son travail est assez qualitatif pour qu’effectivement, ce manga se doit d’être abordé, et publié sous nos latitudes. L’auteur garde la saveur compétitive : il est question de tournoi, d’adversité, mais aussi d’amitié. En y regardant de plus près, toute la sève d’un bon shônen était présente, au stade d’embryon, via le gameplay. Hinodeya n’avait plus qu’à pousser le scénario, tout en gardant l’ambiance si particulière de la licence. La lancée est plutôt bonne, et ne se perd pas dans des dialogues inutiles. On est de suite plongé dans les matchs, et le principe de ceux-ci est si limpide que l’on ne ressent jamais le besoin d’en savoir plus sur les règles. Quand aux personnages, ils représentent tous un archétype du manga, préférant la solidité des émotions à leur originalité, et cette prudence fonctionne.

L’auteur a bien capté l’essence de Splatoon

L’autre interrogation avait comme sujet les fans de la licence. Splatoon Tome 1 allait-il plaire à cette base de joueurs ? Sans aucune hésitation, le réponse est positive. On retrouve pas mal de détails issus du jeu, notamment dans le nom des niveaux, tous repris du contenu du hit de Nintendo. Les armes font aussi remonter pas mal de souvenirs, et globalement on sent que Sankichi Hinodeya a bien travaillé la cohérence entre les deux supports. Bien entendu, qui dit récit, dit action traitée différemment. Les matchs en eux-même ne communiquent pas des impressions identiques à ce qu’il se passe dans les parties sur console. Rien de bien grave, car on ne voit pas comment le mangaka pouvait éviter ce rendu. La seule vraie retenue concerne le futur du manga, à savoir comment l’auteur va renouveler son schéma, afin de ne pas créer une certaine lassitude.

Le jeu mise beaucoup sur son univers, sa direction artistique particulière mais de suite reconnaissable et hautement charismatique. C’est pour cela que la troisième question en suspens, à l’heure de découvrir Splatoon Tome 1, concernait le dessin de Sankichi Hinodeya. Et ici aussi, la réponse est irrécusable. On fait clairement face à un manga pensé pour un jeune public, et l’auteur en est conscient. Beaucoup de l’humour de l’œuvre passe par les dialogues, mais aussi par l’image, et surtout le rendu des personnages. Leurs émotions sont attendrissantes, amusantes, bref ça atteint l’objectif fixé. Enfin, il faut féliciter Soleil Manga pour avoir eu l’idée d’engager l’éminent Florent Gorges à la traduction. Le spécialiste du Japon sait garder le ton, tout en rendant un véritable travail d’adaptation, en gardant les éléments connus des joueurs, mais en rendant accessibles certaines blagues des personnages. Voilà qui clos l’agréable découverte d’un manga qui ne manquera pas de plaire à sa cible

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
7/10

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