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[Critique] I Love You, So I Kill You Tome 1 – Majuro Kaname, Sousou Sakakibara

Caractéristiques

  • Auteur : Majuro Kaname, Sousou Sakakibara
  • Editeur : Soleil Manga
  • Date de sortie en librairies : 24 janvier 2018
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 176
  • Prix : 7,99€
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Une introduction sous de très bons auspices

I Love You, So I Kill You, voilà un titre de série qui créé naturellement la curiosité. La figure du crime passionnel n’est pas née d’hier, puisqu’on la retrouve dès le Moyen-Âge, puis assez régulièrement dans les pièces de théâtre et autres opéras. Aujourd’hui, nous abordons un manga qui s’empare du sujet, avec une certaine intelligence et en insufflant une grosse dose de délire noir, parfait pour construire une identité immédiatement mémorable.

Kamishiro Taku aime prendre soin des plantes du lycée et son amie Mika aime le taquine sur le sujet. Elle ignore tout des sentiments de son ami. Mais sa vie bascule le jour où il tente d’intervenir lors d’une agression dans la rue. Un curieux virus va ainsi le contaminer. Dès lors, de terribles envies de meurtre l’envahissent en présence de Mika. Chaque moment passé à ses côtés est l’objet de visions de meurtres d’une rare cruauté. Pourtant, il va devoir affronter ses instincts et trouver un remède au plus vite…

I Love You, So I Kill You Tome 1 est une introduction de grande qualité, pour une série parmi les plus prometteuses du moment. Tout débute par une caractérisation rapide des personnages. Rapide, mais très efficace : Kamishiro se voit de suite accompagné d’un sentiment étrange, une sorte d’inquiétante normalité. L’auteur, Majuro Kaname, qui signe ici sa première œuvre, joue avec son coté maniaque, comme pour faire naître la méfiance chez le lecteur, de quoi mieux accompagner vers une descente aux enfers qui ne tardera pas à débuter, d’une manière bien cruelle et vicieuse. En face de cet héros pour le moins torturé, on a la jeune et belle Mika. Le schéma de l’amitié d’enfance, qui glisse vers une attirance plus profonde, est parfaitement chorégraphié. C’est peut-être un peu classique dans le traitement, mais ça fonctionne et, surtout, cela souligne la puissance de la problématique.

Une fin marquante au possible

Car I Love You, so I Kill You tome 1 n’est pas éternellement un début d’amourette. Kamishiro va être témoin d’une agression violente, menée par un homme comme possédé, qui lui intime l’ordre de ne pas l’approcher, et ce dans l’intérêt du jeune homme. C’est là le début d’un cheminement qui n’aura aucune pitié avec le lecteur : le jeune héros devient quasiment anti-héros, au fur et à mesure de sa très flippante évolution. Car son envie de tuer n’est pas le seul effet de la maladie qui, désormais, le ronge. Il est aussi capable de prodiges physique, dans des élans de puissance qui coupe Kamishiro de la maitrise de son propre corps. On pensera, d’ailleurs, à l’Ultra Instinct de Goku, dans Dragon Ball Super, même si l’auteur n’est évidemment pas dans la référence, le manga étant publié au Japon depuis 2015. L’ambiance se fait de plus en plus dark, jusqu’à un final terrifiant, qui ne peut que nous plonger dans le désarroi le plus complet. Un cliffhanger qu’on n’avait pas vu venir, et l’un des moments les plus désespérés vus dans un manga récent.

I Love You, So I Kill You Tome 1 est aussi l’occasion de dire tout le bien qu’on pense du travail de Sousou Sakakibara, que l’on connait pour le très intéressant Bocchiman. Ses personnages ont quelque chose de classique dans le trait, mais très vite on se rend compte que l’artiste joue avec cet élément afin de mieux déformer les corps et visages, et leur donner un impact spectaculaire lors des phénoménales poussées de violence. Les moments d’action, comme la course poursuite entre Kamishiro et une voiture, marquent les esprits, et le tout laisse présager une surenchère, désirée par le lecteur. Sachez, pour finir, que l’édition, signée Soleil Manga (Gambling School, Splatoon) , est tout à fait digne de ce qu’on peut attendre de cette maison de qualité. Aller, la suite !

8/10

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