[Critique] Majestic Murder – Armelle Carbonel

Caractéristiques

  • Auteur : Armelle Carbonel
  • Editeur : Bragelonne
  • Date de sortie en librairies : 17 janvier 2018
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 279
  • Prix : 7,90€
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Un thriller surprenant

Deuxième ouvrage (publié, d’autres ont précédé) pour Armelle Carbonel, l’auteure de Majestic Murder, sorti en format poche chez Bragelonne (Conan le Cimmérien, Princess Bride). Après le beau succès de Criminal Loft, thriller qui dénonçait tout autant la peine de mort que la télé-réalité, l’écrivaine continue d’arpenter les chemins torturés du genre, tout en cherchant à affirmer un style de plus en plus identifiable. Retour sur cet ouvrage intéressant, autant dans le fond que dans la forme, et loin de caresser le lecteur dans le sens du poil.

Quand l’étrange Seamus lui propose de passer une audition au Majestic, Lilian pense toucher son rêve du doigt. Plusieurs semaines de répétitions payées, le gîte, le couvert et la promesse d’une carrière… voilà ce que le metteur en scène du Majestic offre à cette jeune camée fanatique de Shakespeare, en échange de son engagement. Mais la jeune femme ignore qu’en intégrant la troupe, elle abandonne toute espérance. Car, tous les trois ans, en souvenir de Peg Entwistle, une actrice célèbre qui se tua en sautant du panneau de Hollywood Land en 1932, quelqu’un doit mourir sur scène.

Sur le fil du rasoir

Majestic Murder peut rendre très fière Armelle Carbonel : ce roman parvient exactement là où l’auteure voulait en venir. Loin de l’envie de nous balader sur une route nettement tracée, l’écrivaine nous embarque dans un thriller qui cherche moins la facilité que la juste complexité d’une psyché humaine défaillante. Avant d’exploser son récit, dans une seconde moitié qui sera sûrement un peu difficile pour certains lecteurs impatients et plus prompts à suivre un long fleuve paisible, elle prend le temps d’installer des personnage, son style, et les problématiques, le tout en usant de ficelles trop grosses pour ne pas nous adresser comme un message sur les événements à venir. Oui, les premières pages usent d’une écriture très (trop ?) volontairement appuyée, afin de décrire des protagonistes très peu sympathiques qui plus est. Mais de suite, on remarque que la forme, sorte de pièce de théâtre dans le découpage, nous indique qu’il faut s’attendre à être titillé.

La seconde partie de Majestic Murder confirme cela : alors qu’une enquête est désormais en cours, on navigue de plus en plus dans les eaux de la folie, du fantastique, voire carrément de l’horreur. L’histoire s’inspire beaucoup de Peg Entwistle, actrice qui se suicida en se jetant du haut du panneau Hollywood. Ce destin tragique a inspiré beaucoup d’artistes, dont David Lynch, et il trouve ici une sorte d’écho assez fascinant. Par contre, la lecture se fait de plus en plus hachée, les éléments de l’intrigue ont un peu de mal à s’accrocher les uns aux autres, du moins avant que tout ne s’éclaircisse dans un final qui marque durablement. Clairement, l’auteure ne cherche pas à ce que le lecteur soit confortablement installé dans du cocon : on est en permanence plongé dans une ambiance lourde, angoissante, parfois assez glauque, ne rechignant devant aucun rebondissement. Alors certes, cela change radicalement du beaucoup plus tranquille, et abordable, Criminal Loft. Mais on ne peut que saluer la naissance d’une écrivaine qui, visiblement, a plus qu’envie de ne pas se reposer sur un style trop installé. Voilà une carrière à suivre de près.

7/10

Une réaction

  1. Cette critique m’a donné envie de lire ce livre. Jusque là, les critiques que j’avais lues étaient plutôt mitigées. J’avais aimé l’intrigue de “Criminal Loft”. En plus, Armelle Carbonel écrit dans un français très soigné, c’est agréable.

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