[Critique] Dark King of Kings T1 – Miyuki Aramaki

Caractéristiques

  • Auteur : Miyuki Aramaki
  • Editeur : Delcourt Tonkam
  • Date de sortie en librairies : 3 octobre 2018
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 192
  • Prix : 7,99€
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Une série dark fantasy qui réserve de bonnes surprises

La dark fantasy et le manga, c’est une histoire d’amour si passionnée qu’on est toujours surpris par l’incroyable inventivité des auteurs nippons, lesquels redoublent d’inventivité afin de ne pas scléroser le genre. Certes, on pourra percevoir quelques copies conformes, mais les grosses réussites s’avèrent si retentissantes qu’elles font oublier cette exploitation bien convenue. On pensera évidemment au très culte Berserk, ou à l’avant-gardiste Bastard, mais pas que : Claymor, Warlord, Ubel Blatt, Le Nouvel Angyo Onshi, toutes ces sorties proposent une vision assez neuve du genre pré-cité. Peut-on ajouter Dark King of Kings, paru aux éditions Delcourt Tonkam, et seconde œuvre signée Miyuki Aramaki ? Cela en prend le chemin…

Dark King of Kings Tome 1 pose, vous vous en doutez, les bases d’un récit qui ne manquera pas de se développer par la suite. Au 13e siècle en Europe, le pays de Lublin sombre dans les ténèbres à la suite de l’invasion de son voisin, le grand Duché de Russo. Stephane, l’un des enfants du roi de Lublin, est le seul survivant. Il va être recueilli par son oncle et tomber amoureux de la fille de ce dernier. Mais en voulant l’embrasser, il va réveiller quelque chose de sombre qui sommeillait en lui depuis l’attaque de son pays.

L’écriture des personnages se veut très soignée

Vous l’aurez compris, Dark King of Kings Tome 1 joue avec l’installation d’un lourd secret, autour d’un personnage principal assez approfondi. Les premières pages sont dédiées à deux intentions : la description d’un univers visuel sciemment classique, qui cherche le déjà-vu. Puis, en parallèle, l’auteur décrit des personnages, et surtout des relations, qui ne cessent de distiller une étrangeté qui, plus tard, aboutira à un traitement bien plus intéressant qu’espéré. Les codes de la dark fantasy sont énumérés avec un soin tellement évident qu’il saute aux yeux : le personnage principal au passé torturé, la guerre qui pointe le bout de son nez, une relation amoureuse un peu troublante, en font clairement partie. Les enjeux sont, cependant, très vite rehaussés de conflits plus subtils.

On perçoit une envie de laisser les personnages secondaires exprimer leur potentiel. Dark King of Kings Tome 1 est un véritable seinen, en ce sens que son récit est écrit pour un public en attente d’une écriture relevée. Mais n’allez pas croire que le résultat se veut trop exigeant. L’action avance vite, et emprunte des chemins qui sauront vous réserver pas mal d’action. Il est question de vampirisme, de violence crue (mais pas gore), d’objectifs troubles. Pendant le cheminement, le lecteur est témoin d’exactions marquantes, qui traduisent une envie de ne pas rendre les méfaits agréables à l’œil. Ce qui ne fait qu’ajouter au fardeau de Stephane, continuellement tiraillé entre sa soif de sang, et son désir de protection du peuple. Ajoutons un style graphique tout à fait remarquable, peut-être plus dans les expressions que dans la description de décors trop prudents pour le moment. En tout cas, voilà encore une série à surveiller de près.

8/10

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