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[Critique] 100 Ans de Cinéma Japonais – Éditions de La Martinière

Caractéristiques

  • Auteur : Collectif
  • Editeur : Editions de La Martinière
  • Date de sortie en librairies : 13 novembre 2018
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 272
  • Prix : 32€
  • Acheter : Cliquez ici

Pour mieux comprendre la trajectoire du cinéma japonais

Quelle belle année pour la culture nippone ! L’opération Japonismes 2018 fête en fanfare le 160e anniversaire des relations entre le Japon et la France, et se charge aussi de mettre en avant les arts vus sous le prisme du Pays du Soleil Levant. Gastronomie, expositions, danse, théâtre, mais aussi cinéma, auront été projetés sur le devant de la scène. La Cinémathèque Française ne pouvait décemment pas passer à côté de l’occasion, et assure une splendide rétrospective, actuellement en cours. Avec 119 films (retrouvez la liste complète) au programme, c’est toute un historique qui est retracé, couvrant le septième art nippon de 1920 à 2018. Pour compléter cet événement, on s’attendait à un ouvrage de qualité. Les Éditions de La Martinière vont même plus loin : 100 Ans de Cinéma Japonais est carrément un indispensable.

On pouvait craindre, quand on a découvert 100 ans de Cinéma Japonais, une sorte d’effet accompagnant. Alors que le sujet a tout d’un thème important, qui mérite son existence propre, et pas seulement une place « aux côtés de ». On a vite été rassuré. Participent à l’aventure de grands noms, qui assurent du même coup le sérieux de l’opération. On retrouve notamment, à l’occasion de textes introductifs, Clément Rauger, Programmateur cinéma à la Maison de la Culture du Japon. Autre plume, et pas des moindres, celle de Hirokazu Kore-eda, dont Une Affaire de Famille a remporté la Palme d’Or 2018. Ensuite, ce ne sont pas moins de quarante-quatre auteurs, japonais ou français, qui se partagent les textes associés aux œuvres sélectionnées, sous forme de petite critique, ou même d’entretien.

Avec 100 Ans de Cinéma Japonais, on a non seulement droit à une sélection qui brasse assez d’oeuvres méconnues pour intéresser tout cinéphile curieux, mais aussi l’occasion de vérifier le caractère du cheminement du septième art nippon. Celui-ci aura déjà connu bien des aléas, passant d’une ouverture à la modernité, à un véritable âge d’or, avant de mettre l’accent sur un caractère insolite, puis de traverser une mauvaise passe. Si, aujourd’hui, le cinéma Japonais commence à redresser la barre, après une décennie 2005-2015 assez douteuse (mais pas dénué de beaux résultats, l’ouvrage le démontre très bien), et marquée par des événements malheureusement dramatiques (quand on a connu la catastrophe de Fukushima, on a peut-être autre chose à faire que de réaliser des films, ou de se précipiter pour les découvrir), il aura connu bien des mutations. Les 119 œuvres fortifient quatre grands piliers, lesquels traduisent effectivement tout autant une séquence d’ordre historique, qu’un véritable processus d’évolution.

Une édition luxueuse

Si vous êtes attachés aux grands noms du septième art nippon, alors 100 Ans de Cinéma Japonais pourra tout autant vous réconforter que vous surprendre. Oui, on retrouve Akira Kurosawa, Kenji Mizoguchi, Shohei Imamura, Kinji Fukusaku, Mikio Naruse, et tant d’autres. Mais pas toujours pour les plus connus de leurs films. Kenji Misumi, par exemple, voit La Vision de la Vierge comme son seul représentant. Lui qui, soyons clairs, est surtout connu pour son excellent travail sur le genre du chanbara, notamment avec son plus que culte Zatoichi : Le masseur aveugle. Idem pour Seijun Suzuki, dont on découvre Pistol Patrol, et non un long métrage plus populaire. Des choix courageux, et d’un bel intérêt. On pourra regretter une ou deux absences, on pense surtout à Hideo Gosha, Shin’ya Tsukamoto et Takeshi Kitano, pourtant assez importants dans l’optique de tracer une trajectoire. Mais il fallait faire des choix…

Enfin, on se doit de souligner, et pas qu’un peu, la qualité d’édition qui accompagne 100 Ans de Cinéma Japonais. Les Éditions de La Martinière (Cinéma d’animation : La Franch TouchLa Catalogne vue du ciel) sont des habitués de cet exercice difficile qu’est le beau livre classieux. Ici, ils apportent une nouvelle pierre à cet édifice. La couverture, le papier, la reliure : tout sent le grand luxe. La maquette se veut aérée, et les photos bien définies. Il manque peut-être un encart réservé aux affiches d’origine. Voilà qui ne modifiera pas ce constat : l’ouvrage est hautement recommandé, et se trouvera une jolie place dans toute bibliothèque cinéphile qui se respecte.

8/10

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