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[Critique] Les 7 premiers jours – Agathe Colombier Hochberg

Caractéristiques

  • Auteur : Agathe Colombier
  • Editeur : Belfond
  • Collection : Pointillés
  • Date de sortie en librairies : 2 mai 2019
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 224
  • Prix : 18€
  • Acheter : Cliquez ici

Agathe Colombier Hochberg est une habituée des comédies et des romans “chick-lit”. Connue pour ses livres Ce crétin de prince charmant ou Les vies turbulentes de Lady M, Les 7 premiers jours aux éditions Belfond (Quand on parle de Lou, Thérapie de group(i)e) change complètement de registre puisqu’ici on parle bien de relations de couple, mais par le prisme de la séparation. Comment réussir une histoire qui commence mal ?

7 ans d’amour

Elle et Lui. Alors qu’ils rentrent d’un week-end chez les parents de Gabriel (si lui est nommé, Elle ne dévoilera jamais son prénom), Elle monte dans le train et découvre après son départ qu’Elle est seule, Gabriel est resté sur le quai. Elle tente de l’appeler, il ne répond pas, ce qu’Elle prenait pour une étourderie est un bien un acte volontaire. Commence à ce moment une période de 7 jours durant lesquels ils vont chacun de leur côté devoir apprendre à se quitter. Un peu à l’image du modèle de Kübler-Ross, le lecteur suit alternativement les étapes que chacun va traverser pour arriver à la décision finale.

Je ne suis pas venu te dire que je m’en vais

Une rupture amoureuse est nécessairement un moment délicat, ’autant plus que la décision est rarement prise d’un commun accord. Dans son roman, Agathe Colombier Hochberg évite l’étape de l’annonce et de la discussion, la rupture n’est jamais prononcée et pourtant elle prend forme au fur et à mesure des 7 jours. Tour à tour, Gabriel et Elle décrivent leurs sentiments, leurs visions à la fois passées et futures : Elle revient sur le début de sa relation adultérine, il cherche à se débarrasser au plus vite de son fantôme. Après quelques jours d’attente (et presque de déni), il utilise sa colère pour se remettre à vivre. Les différents chapitres ne se répondent pas tout à fait en écho comme aurait pu l’être la discussion qu’ils n’auront pas (tout du moins au cours de cette semaine). La romancière a choisi une narration bien plus profonde et personnelle : ce sont les sentiments, les émotions traversées qui sont mises en face en face.

Dans cette histoire, Elle trompe son compagnon avec un homme qui lui refuse tout espoir d’avenir commun. Gabriel ne le sait pas mais il s’en doute, Elle s’est récemment remise à sourire béatement, chose qu’Elle ne faisait plus avec lui. Pourtant, la rupture est aussi difficile pour Elle que pour Gabriel, elle doit apprendre à envisager son futur sans lui, sa vie quotidienne est chamboulée. Bien qu’Elle parait au début égoïste et qu’il est tentant de rejeter la faute sur sa relation extra-conjugale, Agathe Colombier Hochberg s’y refuse et arrive très justement à ne pas tomber dans le cliché : celle qui semblait lâche est celle qui évolue le plus. Gabriel a un comportement plus tranché : tristesse, colère mais pas forcément de remise en cause. On comprend alors que cette séparation était inéluctable et c’est ce que l’autrice semble vouloir nous dire.

Cette rupture est un bouleversement pour ces deux être qui se sont aimés follement, puis qui on laissé la routine s’installer, détruisant tout sur son passage. Chacun revit leur histoire commune et chacun s’arrête sur des détails différents, sur les signes qu’il n’a pas su ou pas voulu voir.

Au-delà de la tendresse que l’on y trouve, Les 7 premiers jours est un roman dur mais d’une grande justesse.

8/10

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