[Critique] Le dragon et la nonne, T1 — Yuya Takano

Caractéristiques

  • Traducteur : Julie Gerriet
  • Auteur : Yuya Takano
  • Editeur : Soleil
  • Collection : Soleil Manga
  • Date de sortie en librairies : 15 janvier 2020
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 192
  • Prix : 7.99€
  • Acheter : Cliquez ici

Soeur Clara, la Marie Kondo de la fantasy

Vous avez apprécié La magie du rangement de Marie Kondo et son adaptation sur Netflix ? Préparez-vous à rire avec Le dragon et la nonne du mangaka Yuya Takano ! Cette nouvelle série affichant 3 tomes au Japon débarque aujourd’hui chez nous grâce aux éditions Soleil (La fille du temple aux chatsBattle Royale Ultimate Edition…) avec un pitch aussi improbable que plaisant. Jugez plutôt : Soeur Clara est une jeune et gentille nonne qui s’est portée volontaire pour servir de sacrifice à Idoru, le dragon qui terrorise le petit village qui l’a recueillie. Alors qu’elle se prépare à mourir, le monstre lui permet d’exprimer ses dernières volontés…

Ni une ni deux, soeur Clara déclare que sa grotte est trop sale et qu’elle n’acceptera d’être mangée que dans une antre parfaitement propre ! Décontenancé, le dragon cède et accepte de lui laisser faire le ménage. Pleine de bonne volonté et d’énergie, Clara va alors démontrer à Idoru que le ménage, c’est de la “magie” et lui enseigner ses secrets, repoussant ainsi le moment de son sacrifice. Elle étendra son apprentissage à toutes les créatures magiques du royaume, dont elle va alors transformer la vie.

Une parodie inspirée et attachante

A la lecture de ce tome 1, on se dit qu’il n’y a vraiment que les Japonais pour imaginer des concepts aussi loufoques et leur donner vie avec un réel panache. Le dragon et la nonne aurait pu être une simple blague et, à dire vrai, le manga de Takano est bien entendu une parodie ouverte des livres et de l’émission de la fée du logis Marie Kondo, qui remportent un succès phénoménal depuis quelques années. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir le mantra de celle-ci (“le ménage, c’est de la magie !”) répété de manière humoristique au fil des dialogues de ce premier volume, sans compter les cases “avant/après” et autres allusions drôles et inspirées aux enseignements de l’auteure et présentatrice. Ainsi, lorsque Idoru refuse de se séparer des reliques et trophées prélevés sur ses victimes et accumulés dans son logement, soeur Clara lui assène avec bienveillance “Tu es frappé par le pire ennemi du ménage…La malédiction de la nostalgie” — un argument qu’aurait tout à fait pu utiliser Kondo.

Cependant, le mangaka ne fait preuve de condescendance ni envers la star japonaise ni envers son héroïne, la gentiment maniaque et zélée Clara qui, quoique définitivement étrange, apparaît assez attachante. Et le manga, tout en conservant une veine humoristique affirmée, développe alors ses personnages et en particulier le dragon, Idoru, qui devient rapidement le personnage le plus drôle de tous. Au départ déterminé à dévorer son sacrifice, il se laisse peu à peu conquérir par la fièvre du ménage et par la personnalité de cette nonne ultra-enthousiaste à laquelle il finit par s’attacher. Le terrible monstre laisse alors percer une humanité bien plus grande que ce que l’on aurait pu penser, à l’image des autres créatures dont nous ferons la connaissance.

On comprend également que le rapport des personnages au ménage reflète le rapport qu’ils entretiennent avec eux-mêmes, à l’image de la sorcière introvertie qui préfère se cacher sous sa poussière pour rester invisible aux yeux de ceux qui la rejettent.

Un concept absurde, un résultat drôle et plaisant

Alors certes, on ne va pas se mentir : Le dragon et la nonne est avant tout une série humoristique et feel good, et pas un drame psychologique. Mais le résultat est rafraîchissant et cette introduction atteint son but (divertir) avec une énergie communicative, tout en nous présentant un univers de fantasy assez plaisant. On s’attache vite à Idoru et soeur Clara et l’on rit volontiers des techniques de ménage “innovantes” utilisées par la nonne, pour la plupart pas vraiment transposables dans la réalité.

Sans révolutionner l’art du manga, le découpage de Takano est dynamique et son trait plaisant. On appréciera tout particulièrement l’expressivité du dragon, très drôle d’un bout à l’autre.

Au final, Le dragon et la nonne, tome 1 est une bonne introduction à cet univers de fantasy gentiment décalé, qui surprend par l’imagination dont il fait preuve pour donner vie à un concept à priori absurde, mais véritablement plaisant. Ajoutons à cela que la fin de ce premier volume promet de nombreux rebondissements pour la suite, et on peut dire que l’on tient là une série humoristique à suivre. Bonus pour les personnes qui souhaitent améliorer leur ménage : deux authentiques conseils de nettoyage sont dissimulés sur la couverture blanche sous la jacquette de l’album. 

6/10

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