image deus ex black lightTranshumanisme et transmédia font bon ménage

Alors que Deus Ex Mankind Divided est entrain de charmer les fans de cette licence culte, voilà que cette dernière creuse encore plus le domaine transmédia (des romans sont déjà sortis, ainsi qu’un comics). On peut dire que l’univers du soft n’attend que ce genre d’initiative, tant il semble fait pour se développer au-delà des limites du jeu vidéo de par son sujet tranhumaniste. Si l’on ajoute que les amateurs de Deus Ex attendaient un chaînon, un lien entre Mankind Divided et son prédécesseur Human Revolution, alors on peut estimer que ce roman, Deus Ex : Black Light revêt un intérêt certain.

Deus Ex : Black Light débute quelques temps après la fin de l’épisode Human Revolution. Le très cybernétique Adam Jensen se réveil d’un coma profond, dans un mystérieux endroit, après avoir survécu à des événements (la destruction impressionnante de Panchaea) que l’on qualifiera sans mal d’explosifs. À son réveil, Adam doit faire face à une situation critique : depuis l’incident des Augs, qui a provoqué des comportements plus qu’alarmants chez les cybernétisés, la suspicion règne autour des êtres augmentés, provoquant peur, discrimination et haine. C’est dans cette atmosphère irrespirable que Jensen va devoir démasquer les coupables de cette crise, notamment en renouant avec d’anciennes alliances, car le schisme qui atteint la société risque d’échapper à tout contrôle…

Deus Ex : Black Light fait donc office de pont entre les deux derniers jeux en date de la licence, mais écrivons le clairement : le roman est avant tout un moyen très efficace d’introduire l’épisode Mankind Divided. Si les événements de Human Revolution ne font plus vraiment l’objet d’un débat, d’un questionnement, c’est surtout la cohérence avec le dernier soft en date qui fait l’objet d’un focus. On retrouve, par exemple, un certain Frank Pritchard, personnage principal des premiers Deus Ex, qui revient dans Mankind Divided par le biais d’un DLC. Mais c’est surtout l’ambiance de ce monde futuriste qui fait que le lecteur se sent en territoire connu, l’auteur réussissant parfaitement à retranscrire le sentiment de découverte qu’induit le genre de la science-fiction. Autre impression au rendez-vous, cette paranoïa latente bien connue par les amateurs de la licence, du moins entre deux scènes d’action.

Un indispensable pour qui veut prolonger l’expérience des jeux

Car voilà qui pourrait bien surprendre les amateurs de la licence Deus Ex, qui savent bien que dans le jeu chaque situation peut être aborder soit à la manière forte soit tout en douceur. James Swallow a clairement choisi la première solution et nous distille des situations assez musclées mais toujours sous contrôle. D’ailleurs, c’est certainement là l’excellente surprise de ce Deus Ex : Black Light, l’auteur délivre un roman à la fois agréable à lire, maîtrisé et stylisé abordant, donc, un thème particulièrement sensible à notre époque (l’acceptation de « l’autre »). Une écriture directe, fluide, un véritable « page-turner » qui se dévore à grande vitesse. Un des rares points noirs de Mankind Divided, les dialogues sont bien plus réussis ici, et pourtant Swallow a aussi écrit le jeu. Ils « glissent » mieux ici, répondent mieux à l’impératif de personnalisation des personnages.

Il est évidemment compliqué d’aborder Deus Ex : Black Light en faisant attention à ne pas spoiler un élément qui, par la suite, sera développé au sein de Mankind Divided. Les joueurs de ce dernier doivent savoir que le roman, véritable prologue au soft, leur réservera des rencontres qui leurs seront très familières. Ainsi, on conseille fortement de lire Deus Ex : Black Light avant de se lancer corps et âme dans le jeu qu’il introduit en beauté. Voilà un développement transmédia exemplaire…

Deus Ex : Black Light, un roman écrit par James Swallow. Aux éditions Milady, collection Gaming, 376 pages, 8.20 euros. Sortie le 26 août 2016. 

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato