[Critique] L’homme qui courait après son nez – Gérald Cahen

Caractéristiques

  • Auteur : Gérald Cahen
  • Editeur : Ateliers Henry Dougier
  • Date de sortie en librairies : 19 octobre 2017
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 151
  • Prix : 14€
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Professeur de philosophie, Gérald Cahen est aussi auteur. Son dernier livre, L’homme qui courait après son nez, est un recueil de nouvelles articulé autour de différentes thématiques ayant comme fil rouge l’absurde. Est-ce que cela fonctionne ?

Des nouvelles métaphysiques

17 histoires. 17 histoires dans lesquelles on retrouver de l’humour, de la finesse, du burlesque. Divisé en thèmes, le recueil s’articule en 5 parties  : les “grands timides”, les “délirants”, les “rieurs”, les “mal élevés” et les “mal aimés”. Chacune de ces parties est composée de petits contes mettant en scène un personnage dont la caractéristique principale (qualité ou défaut) le met dans une situation improbable.

Sous le signe de la métaphysique absurde

Gérald Cahen a fait des études de philosophie auprès de Vladimir Jankélévitch et cela se ressent. Les deux grands sujets abordés dans l’œuvre du philosophe/musicologue sont fortement représentées dans ce livre : la morale et la métaphysique. Au-delà de la narration humoristique, la morale est présente dans chacun des personnages de Gérald Cahen, mais surtout dans les conséquences issues directement de leur caractéristique. Ainsi, de cet homme dont la femme est enceinte d’un chat à la fausse interview d’une “rieuse” qui soigne ses patients par des chatouilles en passant par cet écrivain rejeté de toutes les maisons d’édition, chaque univers est particulier et apporte une atmosphère et un récit qui lui sont propres.

Facile et rapide…

Les recueils de nouvelles (comme, dans un ton assez différent, La fille aux cheveux étranges de David Foster Wallace) ont cet avantage indéniable de la facilité : pas forcément pour l’écriture bien sûr, mais pour la lecture. Ce livre se prend et se pose à différents moments de la journée, voire après une pause de plusieurs jours sans aucune difficulté puisqu’il n’y a pas de suspense à la fin de chaque nouvelle et qu’elles sont indépendantes les unes des autres. L’autre avantage est que si l’une d’entre elles ne plaît pas, ce ne sera pas forcément le cas de celle d’après : on a donc envie d’aller jusqu’au bout. Les personnages ont ce côté absurde déjà abordé, mais possèdent aussi comme grand intérêt que leurs défauts et qualités soient humains et communs. Par conséquent, on se retrouve dans certains d’entre eux, ce qui fait travailler l’imagination : nul doute que ces petits textes seraient intéressants à étudier pour des élèves en littérature ou mêmes des psychologues.

…mais pas forcément accessible

Malgré tout, le côté loufoque de ces histoires pourra être rebutant pour certains. En effet, trop d’absurde peut dérouter un lecteur non averti, et il est donc plus que possible de “passer à côté du truc” de Gérald Cahen. Le côté trop philosophique et pas assez terre-à-terre ne conviendra qu’à ceux qui laissent volontiers vagabonder leurs esprits et ne possèdent pas une vision trop cartésienne.

Un livre en demi-teinte, qui ne laissera personne indifférent, que ce soit dans le bon ou le mauvais sens. Dans tous les cas, on ne peut que remarquer la fluidité de l’écriture de Gérald Cahen, qui nous emmène dans des univers insoupçonnés.

5/10

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