[Critique] Le troisième fils de Rome – Laurent Moenard, Stefano Martino

Caractéristiques

  • Titre complet : Le troisième fils de Rome Tome 1 - Martius
  • Auteur : Laurent Moënard, Stefano Martino, Stéphane Paitreau
  • Editeur : Soleil
  • Date de sortie en librairies : 31 janvier 018
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 56
  • Prix : 14,95€
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Une série à surveiller

Le troisième fils de Rome Tome 1 est paru le 1 janvier 2018 aux éditions Soleil. La Rome antique et la bande dessinée, c’est une histoire qui ne date pas d’hier. Il faut écrire que cette période de l’Histoire de l’Homme est propice à bien des traitements pour les auteurs : l’approche réaliste (Murena), totalement fantasmée (La dernière prophétie), ou carrément uchronique (Pax Romana), les auteurs savent se faire plaisir et intéresser les lecteurs qui, pourtant, pensent avoir fait le tour de la question. L’œuvre abordée dans cette critique creuse le filon, en faisant intervenir une forte dose de complotisme, et ce dans les fondements même de la ville aux sept collines.

On connaît tous la légende de la naissance de Rome, ville fondée par les jumeaux Romulus et Remus, tous deux fruits de l’union entre Mars et la vestale Rhéa Silvia, sauvés du Tibre et élevés par une louve. Mais on ignore qu’un troisième enfant est né de l’union forcée entre Rhéa et Amulius. Ce troisième fils de Rome et ses partisans, à l’origine d’un ordre secret, vont influencer et changer à tout jamais l’histoire de Rome. Du moins, il s’agit là des intentions de ce groupuscule très dangereux. Car la divinité Mars est au courant des agissements de la secte. Il confie à Martius, un héros à la fois Homme et Dieu, la mission de protéger la civilisation romaine, en anéantissant la société secrète.

Le troisième fils de Rome Tome 1 se veut un récit fantasmé, au sein d’une Rome qui offre bien des possibilités à ce niveau. L’auteur, Laurent Moënard (Bleu Blanc Sang), nous plonge dans une époque troublée, en nous contant tout d’abord une Histoire que l’on pourrait qualifier d’officielle. La légende de Romulus et Remus sert de terreau à une complication, que l’on n’avait pas vu venir : et si les deux fils étaient en fait trois ? Et si ce rejeton oublié, fruit d’une union non-consentie, n’était pas motivé par de bonnes intentions ? Voilà un argument tout à fait intéressant, qui accouche d’un récit potentiellement riche en rebondissement.

Un scénario condensé et fluide

Le troisième fils de Rome Tome 1 se veut clair dans ses problématiques, et plus complexe dans son cheminement. En effet, Martius va voyager, mais aussi rencontrer des figures historiques bien réelles. Direction l’Afrique donc, et plus précisément la Numidie, ancien royaume situé en plein Maghreb actuel. Hannibal et Scipion sont de la partie, et chacun a ses raisons de participer à l’intrigue en cours. Seule retenue, à propos de ce scénario plutôt fluide et bien condensé : une fin un peu abrupte, et des séquences d’action bien sanglantes mais pas assez impressionnantes en terme de déroulé.

Le troisième fils de Rome Tome 1 nous a aussi globalement séduit côté dessins. Stefano Martino livre un gros travail de caractérisation : tous ses personnages semblent vivants, grâce à une palette d’émotions qui a le bon ton de s’adapter au protagoniste. La mise en scène est plus conventionnelle, mais cela fonctionne sans accroc. Quant aux couleurs, elles sont signées par Stéphane Paitreau, et ce dernier est à féliciter, tant les cases gagnent en puissance d’évocation, grâce à un rendu sombre, mais jamais exagérément. Voilà, donc, un premier tome encourageant, tandis que les éditions Soleil ont déjà annoncé que la série en comprendra cinq au total. On découvrira tout cela sans hésitation.

7/10

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