[Critique] Libraire jusqu’à l’os, tome 1 – Honda

Caractéristiques

  • Traducteur : Kevin Stocker
  • Auteur : Honda
  • Editeur : Soleil
  • Collection : Soleil Manga
  • Date de sortie en librairies : 2 janvier 2020
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 160
  • Prix : 7,99€
  • Acheter : Cliquez ici

Un manga sur le quotidien d’une librairie japonaise

Première série de Honda, une libraire japonaise, Libraire jusqu’à l’os, édité chez Soleil Manga (La fille du temple aux chats, Battle Royale, Gambling School…) nous plonge dans le quotidien d’une des plus grandes librairies de mangas de Tokyo. Honda-san, jeune employée aussi passionnée que timide, partage avec les lecteurs des anecdotes souvent drôles et décalées sur les demandes parfois étranges des clients, mais aussi sur la réalité du métier, loin des fantasmes.

Vous l’aurez donc compris : il s’agit d’une oeuvre “de niche”, qui s’adresse aux amoureux de l’univers manga comme aux libraires spécialisés dans ce domaine. Le récit sent le vécu et n’a pas peur de rentrer dans les spécificités du fonctionnement des librairies japonaises, quitte à parfois rentrer dans des détails assez techniques. De ce côté-là, cette introduction manque parfois d’une structure suffisamment claire sur laquelle s’appuyer et prend par moments le risque de rebuter les lecteurs avant tout à la recherche d’une histoire, qui pourraient se sentir perdus.

Des anecdotes drôles, décalées et parfois touchantes

Cependant, Libraire jusqu’à l’os, tome 1 sait récompenser la curiosité des lecteurs et fait mouche à chaque fois qu’il s’agit de traiter avec humour les aléas et surprises que réserve ce métier. Les relations avec les clients, centrales, sont ainsi à l’origine des passages les plus drôles, mais aussi des plus touchants. A travers cette toile d’anecdotes récoltées au fil des années se dessine une image surprenante du lecteur de mangas, dont il n’existe pas un unique profil type, mais une multitude assez surprenante brassant tous les milieux socio-culturels et différentes générations.

C’est ce que montre parfaitement le chapitre consacré aux amateurs de yaoi (mangas mettant en scène des couples d’hommes, avec des scènes de sexe explicites) : s’il s’agit à la base d’une niche très ciblée, ces albums sont également très prisés des femmes hétérosexuelles, qu’elles soient japonaises ou étrangères, qui n’hésitent pas à demander des renseignements assez particuliers aux libraires (quel personnage est actif ou passif, par exemple) et à exprimer leur joie de manière particulièrement expansive.

Une évocation originale du métier de libraire

Le manga s’intéresse également à la partie la plus physique du job (les approvisionnements, mises en rayon, préparation des sorties…), à la relation avec les éditeurs et aux absurdes journées de formation qui ne tiennent que peu compte de la réalité des relations clients.

Chaque libraire est représenté le visage masqué (Honda est un squelette, le reste de l’équipe compte une renarde, un libraire avec un sac en papier, un casque ou encore un masque à gaz sur la tête), ce qui apporte une tonalité légèrement surréaliste à l’ensemble qui renforce l’aspect décalé de l’oeuvre.

Au final, malgré une petite propension à s’éparpiller à certains moments, Libraire jusqu’à l’os parlera aux amoureux des librairies et des mangas. Ce récit plein d’autodérision respire la passion de la bande-dessinée et du métier de libraire, et montre, s’il était encore besoin, que le manga transcende les frontières et est à même de toucher tout le monde. Et que le rôle des libraires est plus que jamais essentiel à une époque où l’offre en la matière n’a jamais été aussi grande. 

6/10

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