[Critique] Odin Sphere T1 – Tomoyuki Hino

Caractéristiques

  • Auteur : Tomoyuki Hino
  • Editeur : Mana Books
  • Date de sortie en librairies : 9 juillet 2020
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 202
  • Prix : 7,90€
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Le jeu culte Odin Sphere adapté avec soin

Mana Books continue son énorme travail à destination des joueurs, avec une ligne éditoriale aussi claire que prometteuse. Non, l’éditeur ne s’est pas contenté de nous sortir des adaptations et autres artbook de titres extrêmement populaires, comme tout ce qui a un rapport avec Final Fantasy, mais a aussi mis les mains dans le cambouis pour nous proposer des ouvrages courageux, comme Danganronpa ou Art Of Mana par exemple. De quoi se réjouir pour tout gamer qui se respecte, et aujourd’hui on a droit avec un nouveau titre qui va immédiatement faire tilter l’esprit des plus passionnés : Odin Sphere. Une série très attendue par votre humble serviteur, en trois volumes, écrite et illustrée par Tomoyuki Hino, aussi connu en France pour The Empire Of Corpses.

Cette adaptation en manga d’Odin Sphere se concentre sur le personnage le plus apprécié des fans du jeu : La jeune princesse Mercedes. Elle vit une vie paisible au Royaume des fées, mais tout bascule lorsque sa mère la Reine Fée se fait tuer, et que Mercedes doit la remplacer dans ses obligations royales. Elle se voit alors confié la mission de faire de son mieux pour sauver son royaume de la guerre qui se met en place, tout en prouvant à son peuple qu’elle est la digne héritière du trône de Ringford. Mais rien de plus difficile lorsque des personnes mal intentionnées tentent de l’en empêcher.

Le jeu Odin Sphere est effectivement une œuvre culte. RPG sur un plan 2D signé par les génies de chez Vanillaware (dont on attend avec une vive impatience le 13 Sentinels : Aegis Rim) en 2007, il est autant un plaisir à jouer qu’à suivre, grâce à une histoire réservant son lot de rebondissements. Rappelons qu’il s’agit d’un mélange de conte et de mythologie nordique, et la narration se fait par chapitres représentés par autant de livres. Le manga, lui, met de côté cette forme et opte pour une écriture concentrée sur l’un des nombreux personnages principaux : Mercedes. Ce n’est pas surprenant, il s’agit en effet du protagoniste dont le récit représente au mieux l’univers du jeu, mais cela implique aussi qu’il faut connaitre un minimum les codes de ce monde.

Un manga pour les fans de l’univers

Ce premier tome d’Odin Sphere est un bonheur pour les fans, lesquels retrouveront toutes les spécificités qu’ils ont tant aimé dans l’œuvre vidéoludique : le chaudron, les phozons, les armes psypher, l’anneau de Titrel, tout répond présent et revêt évidemment l’importance capitale qui revient à ces éléments. Si vous n’avez jamais joué au titre de Vanillaware, il se peut que les soixante premières pages vous plongent en milieu inconnu. En effet, le mangaka Tomoyuki Hino va droit à l’essentiel, ne prend aucune pincette avec le lecteur. Son écriture se veut sans concession : la fidélité est au rendez-vous, et c’est clairement ce qui a motivé l’auteur. Cela signifie aussi que les nouveaux venus pourront avoir du mal à rentrer dans cet univers très spécifique, mais nous leur conseillons de s’accrocher. Heureusement, on a droit à une encyclopédie qui se garnie au fur et à mesure de l’histoire. C’est une bonne chose, même si ces nécessaires explications et remises en contexte interviennent avec un peu de retard sur le récit.

Odin Sphere Tome 1 peut donc se ressentir comme un peu abrupt, mais cela se fait en cohérence avec l’univers du jeu. Cela fourmille de détails, et le background tient une grande place dans l’impression de richesse qui se dégage de l’œuvre. On sait que la série est en trois tomes, il faut donc s’attendre à ce que le scénario se concentre sur Mercedes, mais c’est une bonne chose : ainsi on pourra sans doute parvenir aux livres Armageddon et La roue du destin. Lesquels, on le rappelle, faisaient office de final incroyablement épique dans le jeu. C’est donc prometteur pour les amateurs. Ajoutons à cela des dessins plutôt satisfaisants. Clairement, Tomoyuki Hino s’est concentré sur le character design, que ce soit du côté des héros ou du bestiaire. Cependant, son focus met les décors vraiment au second plan du manga, ce qui est plutôt dommage tant on se souvient des environnements divins du jeu. Terminons avec la belle qualité d’édition, une habitude chez Mana Books : papier nickelle, premières pages en couleurs. On a aussi droit à un sublime artwork signé Kentaro Onishii, l’illustrateur du soft.

7/10

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