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[Critique] Le Collège maléfique, T 1 : Le marche-rêves – Cassandra O’Donnell

Caractéristiques

  • Auteur : Cassandra O'Donnell
  • Editeur : Flammarion Jeunesse
  • Date de sortie en librairies : 24 juin 2020
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 320
  • Prix : 12,50 €
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Mystère et sorcellerie

Cassandra O’Donnell occupe une place de choix dans le panorama de la littérature jeunesse actuelle. Qui n’a pas entendu parler de la saga Rebecca Kean, de Malenfer, ou, plus récemment, de la Légende des quatre ?

Aussi à l’aise dans la romance historique qu’en bit-lit ou en fantasy jeunesse, l’autrice lilloise a publié en juin 2020 le premier tome d’une nouvelle saga adressée aux lecteurs de 10 à 13 ans : Le Collège maléfique – Le marche-rêves.

Dans ce roman, nous faisons la connaissance d’Emma Dreamaker, jeune adolescente de 13 ans qui vit avec son père, vétérinaire désorganisé mais attentionné. Emma a, depuis toujours, des pouvoirs psychiques qu’elle s’applique à dissimuler à son entourage : elle peut s’introduire dans les rêves des autres et servir de portail pour faire basculer des éléments de ce rêve dans la réalité.

Son petit univers bascule le jour où le Ministère des Enfants spéciaux prend conscience de son existence et de son potentiel. Emma doit alors quitter son foyer pour s’installer dans une école spécialisée avec d’autres enfants dotés de pouvoirs.

Elle y rencontre Britt, jeune fille à l’ouïe très développée et aux immenses oreilles, Hell le sorcier sombre et énigmatique, ou encore Hector, capable de déchiffrer toutes les formes de langage.

Le lecteur est immédiatement immergé dans cet univers étrange, riche et parfois lugubre, où
un véritable bestiaire de contes de fées côtoie les créatures inquiétantes de la mythologie et des romans horrifiques. Le tout est malgré tout traité avec l’humour et la légèreté qui conviennent à un public relativement jeune, capable de se confronter aux premiers frissons du fantastique, mais qui aime aussi se raccrocher à un environnement plus rassurant.

Il n’a qu’une envie : découvrir ce qui se passe entre les murs de cette école pour Enfants spéciaux, ainsi que les pouvoirs de chacun d’entre eux, comme dans un film de X-Men.

On ne connaît d’ailleurs pas tout de suite la totalité des pouvoirs d’Emma, ce qui laisse planer une menace mystérieuse autour d’elle : pourquoi doit-elle suivre les cours réservés aux élèves dangereux du Collège ? D’où viennent ses facultés psychiques? Sa capacité à entrer dans les rêves peut-elle avoir des conséquences néfastes sur la réalité ?

Un roman d’aventures aux personnages attachants

Malgré l’atmosphère énigmatique et inquiétante distillée entre les pages, le roman présente des personnages attachants auxquels il est facile de s’identifier, et un environnement qui fait écho à notre réalité.

Beaucoup des Enfants spéciaux du Collège ont connu la persécution et la peur. Ils ont souvent été abandonnés par leurs parents, qui étaient effrayés ou dépassés par leurs pouvoirs. Dans leur nouvel environnement, les jeunes protagonistes découvrent le sens de la solidarité et de la tolérance, comme un adolescent rejeté apprendrait à assumer sa différence et à s’entourer de personnes aimantes et respectueuses. Le roman accorde une place de choix à la loyauté, à l’amitié et au sens du sacrifice, qui sont autant de valeurs destinées à rassurer et à encourager le jeune lecteur à affronter le monde.

Enfin, au beau milieu des monstres inquiétants qui peuplent le Collège, quelques personnages très mignons se distinguent par leur potentiel humoristique désarmant. Groumpf, étrange petite créature couverte de poils et capable de se transformer en un énorme monstre à la moindre contrariété, apparaît régulièrement dans le récit pour divertir le lecteur et l’attendrir.

Une nouvelle saga jeunesse dynamique et addictive

Cassandra O’Donnell se lance donc dans une nouvelle saga jeunesse pleine de potentiel : grâce à ses chapitres courts et percutants, Le marche-rêves se dévore sans souffrir des potentiels défauts d’un tome introductif. Les pages sont entrecoupées par de très jolis dessins de style manga qui permettent de se représenter plus facilement les personnages et d’aérer le récit.

L’écriture est fluide et parcourue de nombreux dialogues très dynamiques qui, associés au suspense haletant de l’intrigue, donnent une envie irrésistible de tourner les pages jusqu’au dénouement final.

On retrouve rapidement certains des ingrédients qui ont contribué au succès du jeune sorcier Harry Potter (ou, plus récemment, de la saga Miss Pérégrine et les enfants particuliers) : un personnage principal qui ignore tout de son destin et se met en danger en essayant de découvrir ce que les adultes lui cachent pour le protéger, des enfants seuls véritables protagonistes d’aventures de plus en plus sombres…

Néanmoins, tout en s’inscrivant dans cette veine très reconnaissable du récit fantastique pour la jeunesse, Le Collège maléfique parvient à s’en démarquer, et à le renouveler. L’intrigue est riche et beaucoup de mystères ne sont pas encore révélés à la fin de ce premier tome. Si le suspense est insoutenable, le lecteur pourra d’ailleurs se réjouir car il n’aura pas longtemps à attendre avant de connaître la suite : le tome 2 sortira en avril en librairie !

8/10

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